Dans le Jardin Musical, les enfants apprivoisent la musique au millieu d'une nature enchantée... D'un coup de baguette magique, se mettent à résonner arbres, fruits, cloches. Les billes jouent "Ah vous dirais-je Maman"... On interprète une mélodie sur les dalles du jardin et sans être lilliputiens, on peut facilement se promener sur le piano. C'est un peu "Alice au pays des oreilles"... ou l'histoire d'une nouvelle pédagogie d'éveil musical. Lorsque bébé, Julien commença à claironner plus fort que Chopin, le père, derrière son piano, se mit à réfléchir: "Evidemment, pour lui, la Musique ... ? "Le tout petit se vit, alors, immédiatement bercé par les comptines les plus variées, et... d'une justesse irréprochable. De légers tapotements lui imprimèrent, doucement, le rythme des chansons, et boîtes à musique, hochets, encombrèrent sans plus tarder son berceau. Oui... Mais... Lorsque le piano à queue devint un terrain d'aventure, inépuisable pour ses petits poings, on entendit du bruit, certes, mais pas de Musique... Supposons, se dit le père une touche aussi large que son poing, voire de son pied... Le son retrouveraît, alors, toute sa clarté. Aussi, peu de temps après, Julien se vit-il sauter et gambader sur un clavier ... géant! Toutefois, le jeune explorateur continuait de sévir sur les autres instruments de la maison. De tous, la guitare était la plus inabordable. A part tirer et tambouriner... Pourquoi ne pas imaginer des pressoirs" pour plaquer les accords et une "rouegrattoir" pour le rythme ? Ainsi la guitare devint bateau avec gouvernail et rames... Il y avait bien aussi les petits "xylophones" du commerce. Mais les lames étaient si petites et si proches que l'on désespérait de les jouer séparément. Il faudrait des carillons tubulaires, accrochés sur un fil, à distance: c'était mieux, mais ils se balançaient. Fixons-les ! dans le bois, pour le "bonhomme carillon" ou le "bateau- bascule", dans un filet, pour la "maison papillon". Le père se passionnait, le fils y prenait goût. Tous deux jouaient à reconnaître des sons différents e n tâtonnant sur le tapis musical, ils cueillaient les "pommes-cloches" sur l'arbre Fruitier, en y laissant les "pêches" au chant différent. Julien isola même le champignon vénéneux qui, au milieu d'une récolte de bolets et girolles, émet un autre son que celui des espèces comestibles. On se mit à construire des mélodies avec des tubes accordés, amovibles que l'on rangeait sur un toboggan à billes. On devint, il est vrai, de plus en plus solfégique. On matérialisa la hauteur des sons par l'escabeau musical, on apprivoisa "l'écriture" avec un tapis portée et des notes géantes mélodiques, on joua avec la portée lumineuse, qui illumine sur la partition, la note pressée sur le clavier, on se fabriqua un carillon-notes où sur une portée, les notes percutées vibrent à leur hauteur spécifique. "Ce petit n'a-t-il pas la tête farcie?" s'inquiétaient les amis, "a-t-îl encore le temps de faire du sport, de se dépenser au grand air?" On vit alors, le jardin se couvrir de balançoire , de toboggan, de tourniquet, de "tournicoptère"... qui, bien sûr, faisaient encore un peu de musique. Julien, suité du petit frère, de la petite soeur, grouillait dans cet univers sonore, chaque "structure musicale" devenant aussi familière qu'un jouet, que l'on délaisse pour mieux adorer quelques instants plus tard... N'ont-ils pas un jour, totalisé huit heures de musique, sans nullement s'en rendre compte ! Auteur des structures musicales Etienne Favre. |